
En 2013, avec le regretté Eric S. LeBlanc, Bob Eagle a sorti Blues – A Regional Experience (Praeger, 2013), un livre de référence en termes d’éléments biographiques sur les artistes de blues, basé sur un impressionnant travail de recherche à partir de documents d’état civil à jour. Personnellement, je continue d’utiliser quasi quotidiennement cet ouvrage, source la plus fiable pour trouver notamment les dates et lieux de naissance et de mort exacts des bluesmen, leurs ascendances et leurs descendances. Aujourd’hui, Bob Eagle propose une Blues and Gospel Music Encyclopedia, une encyclopédie en ligne absolument colossale qui compte plus de 45 000 entrées et représente l’équivalent de 9 500 pages en format A4 ! Comme l’auteur l’explique sur le site de son ouvrage, il n’était dès lors pas envisageable de publier une version papier… Né en Australie le 19 avril 1945, Bob Eagle a mené en grande partie ses travaux aux États-Unis, et pour l’encyclopédie dont il est aujourd’hui question, il a commencé à rassembler des éléments en 1966, qu’il consignait dans un fanzine intitulé Alley Music.

La Blues and Gospel Music Encyclopedia ne s’achète pas telle quelle. Il faut créer un compte et souscrire un abonnement qui coûte 9,99 dollars (soit 8,82 euros au cours actuel) par mois, qui donne accès à l’ensemble de l’ouvrage. Car l’encyclopédie n’est pas figée, elle va constamment évoluer avec des ajouts, des mises à jour, des corrections… Chacun(e) peut d’ailleurs proposer ses propres corrections et mises à jour, qui, une fois validées, seront intégrées et créditées. Les entrées portent sur les artistes, mais aussi des enregistrements, des labels, des lieux et personnages historiques et autres références importantes liées au blues et au gospel. La présentation à l’aide de blocs de texte est assez peu valorisante et austère (d’autant qu’il n’y pas d’illustrations) et nécessite de s’habituer, car l’editing et l’enrichissement sont réduits au minimum. Ainsi, par exemple, sous l’entrée « Bottleneck guitarists: A Listing », les noms sont séparés par des points-virgules, sans alinéas (retours à la ligne). Et pour les noms des artistes, l’ordre alphabétique se fait à partir des prénoms : Fred McDowell n’apparaît pas sous la lettre « M » mais « F », B. B. King sous la lettre « B », etc. L’utilisation du moteur de recherche est donc obligatoire, mais avec 45 000 entrées, difficile de faire autrement… Mais les infos sont là (avec d’incroyables détails biographiques), et à l’heure actuelle il n’existe rien de comparable. C’est une énorme mine d’informations, une caverne d’Ali Baba à la présentation certes déroutante au début, mais qu’il faut prendre comme un outil de travail qui se révèle unique en son genre, mais aussi comme un complément aux discographies référentes (dont Blues Records et Gospel Records chez Eyeball Productions).

