
Les 26 et 27 juin 1968, il y a tout juste 58 ans, Albert King se présente face au public du Fillmore Auditorium à San Francisco, Californie, accompagné des musiciens suivants : Willie James Exon (guitare), James Washington (orgue), Roosevelt Pointer (basse) et Theotis Morgan (batterie). En plein âge d’or du psychédélisme, comme B.B. King l’année précédente, Albert King fait découvrir le blues à une audience majoritairement blanche. En effet, Bill Graham, qui gère le Fillmore Auditorium depuis la mort en 1966 de Charles Sullivan, qui était afro-américain, n’a jamais caché qu’il souhaitait prolonger l’héritage de son prédécesseur en programmant des artistes noirs, même si le rock était son fonds de commerce. Outre les deux « King », James Brown, Otis Redding et Bobby « Blue » Bland avaient déjà foulé la scène du lieu.

Les deux concerts d’Albert King des 26 et 27 juin donnent naissance à l’album « Live Wire/Blues Power » chez Stax, produit par Al Jackson Jr. (également batteur et membre fondateur de Booker T. & the M.G.’s), qui sort en novembre 1968. Réalisé à partir de performances majeures de la part du chanteur-guitariste, cet album est aujourd’hui considéré comme un classique du blues. D’une durée totale de 38 minutes, il ne compte que 6 chansons (Watermelon Man, Blues Power, Night Stomp, Blues at Sunrise, Please Love Me et Look Out), mais certaines flirtent avec les 10 minutes. Bien entendu, il subsistait bien d’autres morceaux, et en 1990, Stax a sorti deux albums, « Wednesday Night in San Francisco » (enregistré le 26 juin 1968) et « Thursday Night in San Francisco » (27 juin 1968). Si ces chansons ont été enregistrées au même moment et dans la même salle que celles du disque « Live Wire/Blues Power », ce ne sont pas les mêmes et il n’y a donc pas de doublon… Photos : © Discogs.

