Ça s’est passé un 22 juin : album « Memphis Blues » par Cyndi Lauper !

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Il s’agit sans doute de l’un des disques de blues les plus improbables… Le 22 juin 2010, il y a tout juste 16 ans et le jour de son 57e anniversaire, Cyndi Lauper sort chez Downtown un album simplement intitulé « Memphis Blues ». A priori, l’alliance de sa voix écorchée et d’accompagnateurs de la stature de Charlie Musselwhite, Allen Toussaint, B.B. King et Ann Peebles pouvait conduire à un résultat positif. À propos du groupe qui entoure la « reine de la pop excentrique » (Queen of Quirky Pop), il importe également de souligner la présence du bassiste Leroy Hodges et du batteur Howard Grimes, qui firent quand même les belles heures de la Hi Rhythm Section ! Le positif se traduira sans ambiguïté dans les charts, car l’album foulera des sommets plus atteints depuis les deux premiers albums de Lauper (« She’s so Unusual » en 1983 et « True Colors » en 1986) : 26e place du Billboard 200 et même n° 1 des albums de blues de l’année (13 semaines à la 1re place et 40 semaines au total dans le classement !). Sans oublier une nomination aux Grammy Awards…

Cyndi Lauper et Charlie Musselwhite à Los Angeles le 10 décembre 2019.

À l’écoute, le positif est plus ponctuel, et, autant s’en débarrasser tout de suite, le bilan est plombé par les deux titres sur lesquels apparaît Jonny Lang (How Blue Can You Get? et Crossroads), pâles imitations prévisibles et anecdotiques. En revanche, sur les trois chansons sans accompagnateurs prestigieux (Romance in the Dark, Don’t Cry no More et Down so Low), la chanteuse, dont on ne peut nier la capacité d’adaptation vocale, s’en sort bien mieux. Comme quoi ! Et j’ai bien aimé Early in the Morning avec B.B. King et Allen Toussaint, ainsi que Shattered Dreams et surtout Mother Earth, également avec Toussaint. Mais il est vrai que le chanteur-pianiste louisianais savait aussi parfaitement s’adapter dans bien des situations… Rollin’ and Tumbling avec Ann Peebles est également convaincant. Et quand Lauper prend un peu l’eau vocalement (Just Your Fool), Charlie Musselwhite et le groupe parviennent à maintenir le navire à flot. Mais sur Down Don’t Bother Me avec le même Musselwhite, sa voix est bien mieux en phase…

Cyndi Lauper et Allen Toussaint, Greek Theatre, Los Angeles, 27 août 2010. © : David Livingston / Getty Images.

Bref, un album sympathique mais un peu inégal. Mais vous me voyez sans doute venir, l’essentiel est ailleurs. Certes, ce « Memphis Blues » par Cyndi Lauper est donc l’album de blues le plus vendu de l’année 2010. Cette belle position sur le plan commercial et la présence d’illustres bluesmen ont-ils servi la cause du blues ? Je n’ai pas la réponse mais étant de naturel optimiste, je veux bien le croire. Dans les années 2000, la carrière de Cyndi Lauper marque le pas. Une compilation sort en 2002 (« The Essential Cyndi Lauper »), suivie en 2006 de « The Body Acoustic », constitué de versions acoustiques de chansons précédemment enregistrées par ailleurs, puis en 2008 de « Bring Ya to the Brink », qui mêle dance, pop, electro, disco… Une discographie pour le moins erratique ! En mars 2010, Lauper apparaît dans The Celebrity Apprentice, l’émission animée par Donald Trump. « Memphis Blues » sort donc trois mois plus tard. Six ans passent ensuite avant la parution de l’album « Detour », cette fois composé de reprises country, et qui reste son dernier à ce jour. Dès lors, et on aura bien du mal à me convaincre du contraire, ce « Memphis Blues » relève bien plus de l’opportunisme que d’un réel intérêt pour le blues.

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