
L’information n’a pas été immédiatement révélée, mais Elmore James Jr. nous a quittés le 15 mai 2026. Le fils du grand Elmore James avait quatre-vingt-six ans. Il est en fait né Earnest Johnson le 21 août 1939 à Richmond, un hameau proche de Tupelo au nord-est du Mississippi. Fruit d’une aventure passagère avec Elmore James, il porte le nom de sa mère, Nora Mae Johnson, qui tient alors un restaurant, et le jeune Earnest grandit sans le savoir auprès d’un père qui n’est pas le sien, de surcroît violent. Mais au tout début des années 1950, alors qu’Elmore James obtient ses premiers succès à Chicago (et que le « faux » père décède…), sa mère lui présente son fils. Lors de ses séjours dans le sud, le célèbre bluesman lui apprend à chanter et à jouer de la guitare, bien entendu à la slide, et il lui arrive même de temps à autre à se rendre dans la Windy City pour voir son père se produire.

Après l’enregistrement de Dust My Broom en 1952, Elmore aide financièrement sa famille pour laquelle il achète également une Cadillac. Earnest poursuit sa progression, fréquente d’autres bluesmen dont Willie Nix et Johnnie Temple, et à la fin des années 1950, il a son propre groupe, The Brigadiers of Jackson, au registre assez axé vers le rock ‘n’ roll, et il se fait appeler Earnest Jr. aka Mr. Soul. Après la mort d’Elmore James en 1963, son fils s’installe deux ans plus tard à Chicago. Il parvient à rencontrer Willie Dixon, qui commence par lui faire adopter le nom d’Elmore James Jr. Une séance d’enregistrement était prévue mais elle n’a pas lieu du fait de l’absence de l’homme de base, le chanteur, guitariste et harmoniciste Louis Myers. Jusqu’à la fin des années 1970, Elmore James Jr. se produit régulièrement dans les clubs de la Windy City, notamment avec les Aces. En 1981, il apparaît le temps de trois chansons sur la compilation « John Vincent presents: Genuine Mississippi Blues » (Ace), sur laquelle sont également présents Sam Myers, Big Bad Smitty et Johnny Littlejohn. Enfin, Elmore James Jr. a sorti un album en 2008 chez JSP, « Daddy Gave Me the Blues ».

