Ça s’est passé un 18 août : clap de fin pour Woodstock

Johnny Winter, Woodstock, 18 août 1969. © : Jaded in Japan.

Le 18 juin 1969 en fin de matinée, il y a tout juste cinquante-sept ans, Jimi Hendrix clôture le festival de Woodstock, sur le terrain de Max Yasgur qui gère une exploitation forestière à Bethel dans l’État de New York. Mais dès le début de cette quatrième journée, le blues avait trouvé sa place avec un certain Johnny Winter, monté sur scène à minuit pile ! Alors relativement peu connu (d’abord sorti sur un obscur label fin 1968, son premier album « The Progressive Blues Experiment » sera réédité chez Imperial en mars 1969, cinq mois avant Woodstock), le chanteur-guitariste texan délivre durant 107 minutes un set incendiaire de huit chansons, avec des envolées de slide qui resteront sa marque. Il s’entoure de Tommy Shannon (pas encore bassiste de Stevie Vaughan), du batteur Uncle Joe Turner et du frère de Johnny, Edgar Winter, (claviers, saxophone, chant), présent sur I Can’t Stand It, Tobacco Road et Tell the Truth. Les cinq autres morceaux du concert sont Mama, Talk to Your Daughter, Leland Mississippi Blues, Mean Town Blues, le medley You Done Lost Your Good Thing Now/Mean Mistreater qui dure près de 22 minutes et Johnny B. Goode en rappel.

Johnny Winter, Woodstock, 18 août 1969. © : Bethel Woods Center for the Arts.

Certaines sources séparent les deux chansons du medley et comptent donc neuf chansons et non huit pour l’ensemble du concert, ce qui est erroné. De même, assez étrangement, sur l’album « The Woodstock Experience », sorti en 2009 par Columbia/Legacy et qui reprend l’intégralité de ce show, seul le titre Done Lost Your Good Thing Now apparaît, Mean Mistreater étant carrément « oublié » ! Pourtant, l’écoute ne laisse aucune place au doute : ces deux morceaux composent bien le medley… Il est également mentionné sur cet album que ce concert s’est déroulé le 17 août 1969. En réalité, Johnny Winter est resté sur scène de minuit à 1 h 07 du matin alors que nous étions déjà bien le 18 août 1969. Mais il est vrai que le programme avait plusieurs heures de retard et que Winter et son groupe auraient dû en fait se produire en début d’après-midi du 17 août ! Enfin, on peut voir ce concert sur YouTube à cette adresse.

Paul Butterfield, Gene Dinwiddie et David Sanborn, Woodstock, 18 août 1969. © : Bethel Woods Center for the Arts.

Après Winter, Blood Sweat & Tears puis Crosby, Stills, Nash & Young se succèdent sur scène. Puis le Paul Butterfield Blues Band marque le retour du blues, pour une prestation de 75 minutes entre 6 h et 7 h 15 du matin. Le groupe du chanteur-harmoniciste californien a bien changé depuis ses débuts. Mike Bloomfield et Elvin Bishop ne sont plus là et la guitare est désormais tenue par Howard « Buzz » Feiten au jeu plutôt jazzy. Et comme c’est le cas depuis 1967 avec l’album « The Resurrection of Pigboy Crabshaw » (Elektra), la formation s’étoffe de plusieurs cuivres : ils sont cinq à Woodstock, trois saxophonistes (dont David Sanborn) et deux trompettistes. Ce 18 août 1969, le Paul Butterfield Blues Band interprète sept chansons : Born Under a Bad Sign, No Amount of Loving, Driftin’ and Driftin’, Morning Sunrise, All in a Day, Love March et Everything’s Gonna Be Alright. Le concert de Butterfield à Woodstock est longtemps resté inédit sur disque : sous le titre « Paul Butterfield Live in White Lake, N.Y. 8/18/69 », il fait en effet partie de l’impressionnant coffret de 14 CD sorti en 2015 par Rhino Records, « Complete Albums 1965-1980 ». Et on le trouve également sur YouTube à cette adresse. Pour la petite histoire, Sha Na Na prendra ensuite le relais sur scène ce 18 août, avant donc de laisser la place à Hendrix.

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