Festival Terre de Blues 2026, portrait d’Earth, Wind & Fire Experience by Al McKay

Earth, Wind & Fire Experience by Al McKay. © : Jazz à Vienne.

Comme chaque année, je vous propose des portraits des artistes et groupes au programme de la prochaine édition du festival Terre de Blues, qui se déroulera du 22 au 25 mai 2026 sur l’île de Marie-Galante en Guadeloupe. Il s’agit aujourd’hui d’Earth, Wind & Fire Experience by Al McKay, qui clôturera la troisième et dernière soirée dimanche 24 mai sur la grande scène de l’habitation Murât. Tête d’affiche de cette édition (sur le papier, en tout cas), cette formation au répertoire étendu (funk, R&B, soul, pop, disco, jazz…) est très connue et je me contenterai d’évoquer rapidement les grandes lignes de sa longue histoire. En outre, si vous voulez tout savoir sur EWF, je vous conseille vivement la lecture du livre Earth, Wind & Fire, publié le mois dernier par Belkacem Meziane aux éditions Le Mot et le Reste (208 pages, 20 euros).

Verdine White, Maurice White et Al McKay en 1978. © : Guitar Player Magazine.

Tout débute à Chicago en 1969, quand trois artistes surtout actifs en studio (compositeurs, musiciens et chanteurs), Maurice White, Wade Flemons et Don Whitehead, se rencontrent et forment un groupe, The Salty Peppers. White s’installe l’année suivante à Los Angeles, et de nouveaux musiciens s’ajoutent pour constituer une formation étoffée d’une dizaine de membres qui prend le nom d’Earth, Wind & Fire. Un premier album sort en 1971 chez Warner, simplement intitulé « Earth, Wind & Fire ». Dès cette première réalisation, il est malaisé de qualifier la musique d’EWF en un seul mot. Si l’influence soul est prégnante, les emprunts à d’autres styles sont multiples, du funk à l’afro jazz fusion en passant par le blues et même le rock progressif, pour ne pas dire psychédélique ! Un disque inaugural qui impressionne et intrigue, bien reçu par la critique et qui atteint la 24e place des charts Top Soul Albums de Billboard.

© : Discogs.

Toujours en 1971, après un deuxième album chez Warner, « The Need of Love », et la bande originale du film Sweet Sweetback’s Baadasssss Song (Stax), EWF signe chez Columbia qui sort en octobre 1972 « Last Days and Time ». De nouveaux changements de personnel surviennent et Al McKay apparaît pour la première fois au casting en mai 1973 (contrairement à ce qu’affirment moult communiqués, il n’est donc pas un membre fondateur du groupe) sur l’album « Head to the Sky » à la guitare, au sitar et aux percussions, qui cartonne en se hissant à la 2e place des charts soul. Dix mois plus tard, « Open Our Eyes » fait encore mieux en parvenant à la 1re place, avec cette fois McKay également crédité au chant. La consécration absolue ne tarde pas, car dès « 1975, « That’s the Way of the World » (premier de leur six Grammy Awards pour la chanson Shining Star) puis le live « Gratitude » atteignent tous deux la première place à la fois des charts soul et du Billboard 200 ! Durant la seconde moitié des années 1970, EWF va quasiment invariablement placer ses disques au sommet de ces mêmes charts, ce qui suffit pour mesurer l’immense popularité du groupe à cette époque.

Al McKay au Hamar Music Festival, Norvège, 2011. © : Thomas Andersen.

De son côté, Al McKay, qui sera présent dimanche à Marie-Galante, quitte EWF peu après la sortie en octobre 1980 de l’album « Faces ». Il montera ensuite différents projets incluant souvent d’anciens membres d’EWF sous différentes appellations, dont LA Allstars, Al McCay Allstars et donc actuellement Earth, Wind & Fire Experience by Al McKay. Après sa période la plus faste, EWF conservera de bonnes places dans les différents charts, tout en faisant progressivement évoluer sa musique vers le post-disco, l’EDM (Electronic dance music) ou encore le swingbeat, des genres il faut bien le dire assez éloignés de l’objet de ce site. À partir des années 1990, les sorties de disques vont notablement s’espacer, le dernier à ce jour étant « Holiday », un « album de Noël » qui date de 2014. Mais nul doute qu’Earth, Wind & Fire Experience by Al McKay vaut encore le déplacement… Terminons comme de coutume avec trois chansons en écoute, toutes des années 1970 : Evil, Sing a Song et Fantasy.

Earth, Wind & Fire Experience by Al McKay. © : Festival de Sully.