
Nous sommes sans doute peu nombreux à nous souvenir de ce chanteur-guitariste dont il n’existe aucune photo, qui accompagna pourtant Big Walter Horton, Hammie Nixon, Honeyboy Edwards, Will Shade, Furry Lewis et Sunnyland Slim. Il naît Charley Doyle le 20 mars 1911 à Cordova, une banlieue est de Memphis, Tennessee, mais ses premières années sont mal renseignées. On sait toutefois qu’il s’est produit sur Beale Street à Memphis dès le début des années 1930, où il côtoie Baby Boy Warren, qu’il influence et qui deviendra une figure du blues de Détroit. Il rencontre également David « Honeyboy » Edwards, qui l’évoque dans son autobiographie The World Don’t Owe Me Nothing (Chicago Review Press, 1997) en des termes peu avantageux : « Il était toujours ivre, les yeux rouges, avec deux ou trois dents en or. C’était un nain. Ses jambes étaient si courtes qu’il ne pouvait pas taper du pied quand il s’asseyait sur un banc pour jouer de la guitare. » Mais le 1er juillet 1939, il y a tout juste 87 ans, il grave pour OKeh Hard Scufflin’ Blues, Grief Will Kill You et Slick Capers Blues, avec un jeune harmoniciste de 18 ans, Big Walter Horton, dont c’est la première apparition sur disque. Le 14 juillet de la même année, les mêmes signent sept autres faces. On perd ensuite sa trace et on sait seulement qu’il est décédé vers 1960. Voici trois chansons en écoute, Hard Scufflin’ Blues, Renewed Love Blues et Slick Capers Blues.
Photos : Stefan Wirz.

