
Le 17 avril 1952, James Cotton, qui est né le 1er juillet 1935, n’a donc pas encore dix-sept ans. Il a notamment appris l’harmonica auprès de Sonny Boy Williamson II, qu’il connaît depuis l’âge de neuf ans. Et grâce à l’intervention de Sonny Boy, malgré sa jeunesse, Cotton fait déjà partie du groupe de Howlin’ Wolf, pourtant de vingt-cinq ans son aîné. À partir de la fin des années 1940, le Wolf, pour véritablement lancer sa carrière, a décidé de former une formation étoffée tout en exploitant les possibilités de l’amplification électrique, y compris à l’harmonica. Dans le livre Moanin’ at Midnight – The Life and Times of Howlin’ Wolf, (Thunder’s Mouth Press, 2004), Cotton se souvient de ses débuts avec le Wolf : « Dès mon arrivée, il était déjà passé à l’électrique, bien avant tout le monde hormis Sonny Boy et son groupe. Car la concurrence autour de nous était très forte, il fallait se confronter à des big bands qui avaient des saxophones. (…) Avec nos amplificateurs et tout le matos, on pouvait tenir tête à un groupe de neuf musiciens et éjecter ces enfoirés de la scène. On les anéantissait, mec. »

Howlin’ Wolf avait inauguré sa discographie en 1951, et sur ses premiers singles enregistrés pour Sam Phillips (Sun Records), Joe Bihari (RPM Records) et finalement les frères Chess, il assurait lui-même les parties d’harmonica. Mais le 17 avril 1952, sur la chanson Saddle My Pony du single Chess 1515 (Worried All The Time en face B), le nom de James Cotton (malencontreusement orthographié Cotten) apparaît pour la première fois sur disque. Les autres musiciens sont Willie Johnson (guitare), L.C. Hubert ou Bill Johnson (piano), inconnu (basse) et Willie Steel (batterie). Toujours le 17 avril 1952, les mêmes gravent huit faces supplémentaires : Everybody’s In The Mood, Color And Kind, Bluebird (Blues), Dorothy Mae (takes 1 & 2), I Got A Woman (Sweet Woman), Well That’s Alright et Decoration Day (Blues). Cotton n’est toutefois présent que sur les deux prises de Dorothy Mae. D’abord inédites, ces faces seront ensuite éditées sur plusieurs compilations. Je vous propose d’écouter Saddle My Pony et Dorothy Mae take 1.

