
Un record historique de seize nominations aux Oscars, finalement quatre prix remportés le mois dernier dont ceux du meilleur acteur et de la meilleure musique, Sinners, réalisé par Ryan Coogler, est évidemment un des films de l’année 2025… Bien entendu, on se demandait légitimement si le succès planétaire rencontré par le film, qui a pour cadre la ville de Clarksdale, Mississippi, dans les années 1930, et donc le blues, aurait un effet bénéfique sur toute la musique que nous aimons et qui vient de là-bas. Eh bien nous avons une première réponse positive avec un article publié ce 13 avril 2026 par Leonardo Bevilacqua dans Mississippi Today, intitulé « With the success of Sinners, the « Prince of the Delta Blues » expands his kingdom ». Il brosse le portrait de Keith Johnson, jeune chanteur-guitariste-harmoniciste de trente-deux ans effectivement surnommé Prince of the Delta Blues.

Johnson, qui a notamment fait l’objet d’un article par Scott Barretta dans le n° 268 de Living Blues, est né le 17 juillet 1993 à Glen Allan, au sud-ouest du Delta, tout près de la frontière avec l’Arkansas. Il est très actif dans la région mais il a aussi tourné à l’étranger (on l’a ainsi vu à la Maison du Blues en 2019). Également à l’aise dans le gospel, Johnson s’implique actuellement dans le spectacle itinérant Morgan Freeman’s Symphonic Blues Experience, mis sur pied par le célèbre acteur propriétaire du Ground Zero Blues Club à Clarksdale, et qui comprend, outre Johnson et le Mississippi Symphony Orchestra, Anthony « Big A » Sherrod, Lee Williams, Adrienne « Lady Adrena » Ervin, Adrian Miles « Rev Slim » Forrest (qui s’exprime aussi dans l’article), Mark Yacovone, Vasti Jackson, George Mumford Jr., Martin Gellner et Boo Mitchell. Pour Keith Johnson, il ne fait aucun doute que Sinners va donner de l’élan au blues : « Pour moi ce fut très fort de voir le blues ainsi mis en avant, que des gens dans le monde entier s’intéressent au blues du Mississippi. Nul n’avait jamais offert pareille vitrine au blues avant cela. » L’article bien illustré s’accompagne d’un enregistrement audio qui reprend intégralement le texte.

