Megève Blues Festival 2026, le programme

© : Megève Blues Festival.

La prochaine édition du Megève Blues Festival se déroulera du 31 juillet au 2 août 2026, renouant ainsi avec une formule sur trois jours, contre seulement deux en 2024 et 2025 par exemple. Depuis sa création en 2014, le festival a souvent privilégié le blues rock, et dans l’interview qu’il m’a accordée le 20 juillet 2025, le président René Huget en convenait volontiers, respectant la volonté de son fils Stéphane, le fondateur, qui « ne voulait pas de blues « planplan » ou ennuyeux, il fallait que ça bouge ». Certes, mais à la lecture du programme de cette édition 2026, un constat s’impose, il n’y aura pas de blues(wo)man à proprement parler sur la scène du Pré Saint-Amour début août. Et même pas beaucoup de blues rock, seul Coco Montoya pouvant incarner ce courant, voire à la rigueur Ally Venable et Kenny Wayne Shepherd mais ponctuellement car leur fonds de commerce reste quand même très rock. Les cinq autres artistes au programme n’ont pour ainsi dire rien à voir avec le blues, et avant d’aller plus loin, je vous propose un passage en revue.

© : Megève Blues Festival.

– Vendredi 31 juillet à 19 h 30, Troy Redfern (Royaume-Uni). Je ne m’explique pas la présence de ce chanteur-guitariste venu du Pays de Galles dont le registre va du rock au hard rock.
– Vendredi 31 juillet à 20 h 45, Matt Pascale & The Stomps (Italie). Étrange mélange de rock, pop et soul, et vocalement c’est, comment dire, crispant…
– Vendredi 31 juillet à 22 h, Lovesick (Italie). Très bon groupe de rockabilly, de western swing, de country rock. Mais pas de blues pour cette première journée.
– Samedi 1er août à 20 h, Ally Venable (États-Unis). Chanteuse-guitariste de rock et blues rock, issue de l’école Ruf où l’on n’apprend pas la dentelle.
– Samedi 1er août à 21 h 30, Kenny Wayne Shepherd (États-Unis). Chanteur-guitariste de rock et blues rock, dans un esprit assez proche de sa compatriote citée ci-dessus, mais univers un peu plus varié.
– Dimanche 2 août à 19 h 30, Bette Smith (États-Unis). Encore un choix surprenant. Outre un registre hors cadre (pop rock convenue vaguement colorée de soul), cette chanteuse a signé trois albums très quelconques, j’avais d’ailleurs chroniqué ici le troisième, « Goodthing » (Kartel Music Group).
– Dimanche 2 août à 20 h 45, Nikki Hill (États-Unis). Du rock ‘n’ roll, du rockabilly, de l’énergie à revendre, c’est très bien ce que fait cette chanteuse sur scène, mais certainement pas du blues.

En 2025. © : Frédéric Ragot / Soul Bag.

– Dimanche 2 août à 22 h 15, Coco Montoya (États-Unis). Membre des Bluesbreakers de John Mayall dans les années 1980, il a ensuite mené une carrière solo. Sa discographie est un peu inégale, mais ses albums les plus récents chez Alligator sont très réussis. À soixante-quatorze ans, Montoya reste une valeur sûre d’un blues rock qu’il a contribué à populariser depuis plus de trois décennies. Mais c’est donc quasiment le seul dont la présence au programme n’apparaît pas inattendue dans un festival dit « de blues ». Je n’ai rien contre le rock mais ne comprends pas la logique qui conduit à un virage aussi radical. De nos jours, nombre de festivals de blues mettent au programme d’autres styles musicaux dont du rock, mais sans occulter le blues de façon aussi flagrante. La journée supplémentaire donnait pourtant plus de place pour un meilleur équilibre. En outre, aucun(e) artiste afro-américain(e) de blues cette année, car Bette Smith et Nikki Hill n’entrent pas dans cette catégorie. Il y avait pourtant D.K. Harrell et Toronzo Cannon en 2025, et lors de précédentes éditions Shemekia Copeland, « King » Solomon Hicks, Joe Louis Walker, Sugaray Rayford, Mighty Mo Rodgers… Aucun groupe français non plus, et certaines options (Troy Redfern, Matt Pascale, Bette Smith) me semblent discutables. Bien entendu, tout ceci n’engage que moi, nul doute que René Huget et son équipe mettent tout en œuvre avec cœur pour organiser leur événement, et j’espère que le public répondra présent. Mais, tout en respectant le choix des organisateurs, ce serait dommage que Megève s’inscrive désormais dans les rangs de ces prétendus festivals de blues qui programment essentiellement du rock tout en essayant de nous faire croire que c’est… du blues !

© : Megève Blues Festival.