Ça s’est passé un 10 avril : sortie de « St. Louis Blues », film sur W.C. Handy

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Né le 16 novembre 1873 à Florence, Alabama, William Christopher « W.C. » Handy s’autoproclamait Father of the Blues. Même s’il ne fut pas lui-même un bluesman (il débutera dans la musique religieuse, jouera dans des orchestres populaires itinérants avec des minstrels shows, puis son répertoire évoluera vers le jazz également naissant), ce « titre » n’est pas totalement usurpé. Au tout début du XXIe siècle, après avoir vu en 1903 à Tutwiler, Mississippi, un chanteur-guitariste jouer ce que nous appellerons ensuite le Delta Blues, il fut bien le premier à décrire de façon détaillée cette musique alors dans sa forme la plus archaïque. Et durant la décennie suivante, dix ans avant les enregistrements initiaux de blues rural, il fut également le premier à composer des morceaux qui deviendront des standards du blues, dont The Memphis Blues en 1912 et The Saint Louis Blues (ou St. Louis Blues) en 1914.

Nat King Cole et Ruby Dee. © : The Hi de Ho blog.

Son autobiographie publiée en 1941, Father of the Blues: An Autobiography (Macmillan) est également une œuvre pionnière qui nous a beaucoup appris sur l’émergence du blues. Dès lors, il était inévitable que son parcours soit également porté à l’écran un jour. Ce sera le cas le 10 avril 1958 (certaines sources citent d’autres dates, toujours début avril), il y a tout juste soixante-huit ans, avec la sortie du film St. Louis Blues réalisé par Allen Reisner. Nat King Cole joue le rôle de W.C. Handy, avec des artistes de jazz au casting dont Eartha Kitt, Cab Calloway, Ella Fitzgerald, Teddy Buckner, Barney Bigard et Lee Young, le frère de Lester. Il faut y ajouter la « reine » du gospel Mahalia Jackson, la grande actrice Ruby Dee (mère du bluesman Guy Davis), et dans le rôle de Handy enfant, Billy Preston alors âgé de onze ans… Le film un peu trop artificiel n’a pas marqué les esprits, mais il restera comme le premier biopic consacré à un artiste afro-américain, tout en permettant de réentendre des classiques intemporels composés par Handy. Il est sorti moins de deux semaines après sa mort survenue le 28 mars 1958.

Cab Calloway et Eartha Kitt. © : The Hi de Ho blog.