
Le nombre incroyable de témoignages et d’hommages suite au décès de Jean-Pierre Vignola, survenu dans la nuit du 22 au 23 mars 2026 alors qu’il était âgé de soixante-seize ans, démontre combien le personnage était respecté. Né le 16 octobre 1947, il a découvert le jazz vers douze ou treize ans avec un disque de Charlie Parker, comme il le relatait en 2022 dans l’émission Sweet Home Chicago de Marc Loison (lire plus bas), avant de fonder une association qui organisait des concerts Mantes-la-Jolie, sa ville de cœur. Mais Jean-Pierre s’est vraiment impliqué dans le secteur musical à partir des années 1970, d’abord aux côtés de George Wein, qui n’est autre que le fondateur du Newport Jazz Festival (1954), du Newport Folk Festival (1959), à l’origine de la création du New Orleans Jazz & Heritage Festival (1970), mais aussi en France de la Grande Parade du Jazz à Nice (1974). Mais Jean-Pierre Vignola, passionné de jazz et de blues, va vite voler de ses propres ailes en accompagnant les artistes en tournée. Grâce à ses nombreuses rencontres, il met sur pied en 1980 avec Jean-Paul Boutellier une Nuit du Blues à Vienne dans l’Isère, qui rassemble Muddy Waters, B.B. King et Fats Domino. Même si j’avais vu Luther Allison l’année précédente à Grenoble, cette soirée fut pour moi le véritable point de départ de mon investissement dans le blues depuis maintenant quarante-six ans. Bien sûr, à l’époque, je ne connaissais ni Jean-Pierre ni Jean-Paul, qui dès l’année suivante avec quelques autres transformeront cette Nuit du Blues en ce qui est aujourd’hui le festival Jazz à Vienne, un des plus prestigieux du monde.

Jean-Pierre en sera l’architecte quasi inamovible, qui sut au fil des décennies adapter sa programmation en la diversifiant sans jamais trahir l’esprit originel de l’événement. Mais son influence s’étendra bien au-delà de Jazz à Vienne, au point que la liste de ses collaborations/interventions/créations laisse pantois : il y aura ainsi son rôle pour le label Black & Blue avec les fondateurs Jean-Marie Monestier et Jean-Pierre Tahmazian (mais aussi un certain Didier Tricart) dès les années 1970, le festival Blues sur Seine, lancé en 1999 autour de sa ville de Mantes-la-Jolie dans les Yvelines (avec la péniche du Boucanier amarrée en ville), le Jazz Club Lionel Hampton (Jazz Club Étoile depuis 2009) à l’hôtel Méridien Étoile à Paris, dont il assurera la programmation à partir de 2000 avec Tricart… On le retrouve aussi à l’œuvre pour Jazz en Touraine, l’Éole Factory Festival à Mantes-la-Jolie, le Munster Jazz Festival, le festival Au grès du jazz à La Petite Pierre, liste non exhaustive. Dans le registre, il a bien peu d’égaux en France, et peut-être même au-delà de nos frontières.

Parmi les hommages, je vous invite évidemment à lire celui de Jazz à Vienne, le festival auquel il est étroitement lié. Mais ne manquez également pas d’écouter les trois émissions Sweet Home Chicago consacrées par Marc Loison à Jean-Pierre en 2022 sur Radio 666 (#1147, 1151 et 1155), dont voici les liens :
– #1147 du 23 avril 2022.
– #1151 du 21 mai 2022.
– #1155 du 18 juin 2022.
Je remercie d’ailleurs chaleureusement Marc pour la transmission des éléments relatifs à ses émissions, dans lesquelles Jean-Pierre Vignola revient sur son parcours captivant. Marc a également publié son propre hommage à lire sur Blues Actu. Alors que la disparition de Jean-Pierre Vignola nous attriste, je ne vois rien à ajouter à ce qui a été dit et écrit à son propos. Pour compléter mon hommage, je vous propose donc un portfolio, une sélection de trente images qui rappelleront sans doute d’excellents souvenirs à celles et ceux qui ont côtoyé de près ou de loin Jean-Pierre, tout en permettant de mesurer son importance et son influence.



























