
Il est couramment cité comme un des batteurs les plus enregistrés de l’histoire de la musique populaire américaine. James Gadson nous a quittés hier 2 avril 2026 à l’âge de quatre-vingt-six ans. Il a surtout œuvré dans les domaines du R&B, de la soul et du funk, mais il a aussi travaillé avec des artistes et groupes de rock, de pop music, de jazz, et bien sûr avec plusieurs bluesmen notables. Il naît James Edward Gadson à Kansas City, Missouri, et, vers dix ou onze ans, il commence à chanter tout en apprenant la batterie, et ce d’autant plus naturellement que son père Harold est lui-même batteur de jazz. Gadson est d’abord influencé par des batteurs de jazz comme Art Blakey et Elvin Jones, mais il écoute aussi du gospel et du blues. Également apte à écrire des chansons, il ne tarde pas à fonder un groupe plutôt orienté doo-wop avec son frère Thomas (Tom aka Tutty), d’appelé appelé The Velvetones puis The Carpets.

Début 1956, Ralph Bass, découvreur de talents pour le label Federal, remarque la formation au sein de laquelle James Gadson, qui est le chanteur lead, n’a alors que seize ans. Le 29 janvier, The Carpets enregistrent quatre chansons, toutes écrites par Gadson qui chante mais ne joue pas de batterie, Why Do I, Let Her Go, Lonely Me et Chicken Backs. Federal sort les deux singles moins de deux mois plus tard. Progressivement, les membres du groupe, qui ont entre seize et dix-neuf ans, vont se séparer car appelés sous les drapeaux, et James Gadson choisit de s’engager dans l’US Air Force. À son retour à la vie civile en 1961, il retrouve son frère Tom qui a conservé un groupe toujours appelé The Carpets, bien que les autres membres ne soient plus les mêmes qu’en 1956. Cette fois, James Gadson joue de la batterie en plus du chant et The Carpets deviennent The Derbys. Un single sort en décembre 1962 chez KC Records, le label de Nat King Cole, puis quatre autres suivront pour de petites marques jusqu’en 1967.

Mais entre-temps, James Gadson trouve d’autres engagements au gré de tournées, notamment avec les Midnighters d’Hank Ballard, il s’installe en Californie en 1966 et rejoint Dyke and The Blazers, un groupe soul funk qui se transforme ensuite en Watts 103rd Street Rhythm Band. Gadson apparaît sur quatre albums de la formation entre 1968 et 1971 (plus un live de 1968 qui sera édité en 2008), et enregistre parallèlement deux singles pour le label Cream en 1971 et 1972. Sa carrière décolle alors vraiment quand il joue de la batterie sur les albums « Still Bill » de Bill Withers (Sussex, 1972) et « 1990 » des Temptations (Motown, 1973). À partir de là, s’il grave quelques singles sous nom dans les années 1970, il va surtout participer à un nombre incroyable de séances (plusieurs centaines !) pour des groupes et artistes dans différents styles comme je le mentionne en préambule de cet article. Il est impossible d’en dresser la liste complète, mais voici une sélection de ses collaborations en lien avec l’objet de ce site.

– Cinq albums du chanteur de blues et soul blues Arthur Adams.
– Trois chansons sur l’album « That’s the Way It Should Be » (Columbia, 1994) de Booker T. & the M.G.’s.
– Album « Make Do with What You Got » de Solomon Burke (2005, Shout! Factory).
– Plusieurs disques de Ray Charles à partir des années 1970.
– Album « Rising from the Bushes » (Dixon Landing Music, 2009) d’Alex Dixon, petit-fils de Willie.
– Des chansons sur les albums « Sweet Passion » (Atlantic, 1977) et « Aretha » (Arista, 1986) d’Aretha Franklin.
– Album « I Want You » de Marvin Gaye (Motown, 1976).
– Album « Truckload of Lovin’ » d’Albert King (Utopia, 1976).
– Album « Let Me Live in Your Life » de Ben E. King (ABC, 1978).
– Albums « Midnight Believer » (ABC, 1978) et « Take It Home » (MCA, 1979) de B.B. King.
– Deux chansons sur l’album « Larger Than Life » (RSO, 1976) de Freddie King.
– Albums « City of Angels » (Tamla, 1975) et « The Power of Music » (Tamla, 1976) par The Miracles.
– Six albums de Smokey Robinson entre 1978 et 1990.
– Deux chansons sur l’album « Last Call » (Delta Groove Productions) de Lynwood Slim.
– Albums « High Energy » (Motown, 1976) et « Mary, Scherrie & Susaye » (Motown, 1976) par The Supremes.
– Six albums des Temptations entre 1973 et 1991.
– Albums « Still Bill » (Sussex, 1972) et « +’Justements » (Sussex, 1974) de Bill Withers.
– Cinq albums de Bobby Womack entre 1975 et 1985.

En marge de notre cadre, citons Beck, Natalie Cole, Jerry Butler, Terry Callier, Jimmy Cliff, Joe Cocker, Leonard Cohen, Randy Crawford, Jamie Cullum, D’Angelo, Donovan, José Feliciano, The Four Tops, Charlotte Gainsbourg, Gloria Gaynor, Herbie Hancock, Thelma Houston, Jermaine Jackson, La Toya Jackson, Nora Jones, Rickie Lee Jones, Gladys Knight, Labelle, Patti LaBelle, Ziggy Marley, Paul McCartney, Bette Midler, Blue Mitchell, Aaron Neville, Teddy Pendergrass, Billy Preston, Martha Reeves, Boz Scaggs, Lalo Schifrin, Michelle Shocked, Simply Red, Barbra Streisand, Tavares, Justin Timberlake, Vulfpeck, Was (Not Was), The Whispers, Womack & Womack, et ce n’est qu’une sélection !

