
Henley apparaît uniquement sur disque au chant et à l’harmonica, même si nous savons qu’il jouait aussi de la guitare. Actif dans les années 1950 et 1960, il a très peu enregistré, mais son country blues électrique très roots mérite l’attention, d’autant qu’il accompagna d’illustres bluesmen dont Robert Lockwood Jr., David « Honeyboy » Edwards, Ted Bogan, Johnny Young et peut-être Arthur « Big Boy » Spires. On connaît une seule photo de cet artiste bien mystérieux, et on ne sait quasiment rien de sa vie… John Lee Henley voit le jour le 13 février 1919 près de Canton, Mississippi, une quarantaine de kilomètres au nord de Jackson, la capitale de l’État. Petit-fils de pasteur, il grandit dans la ferme de son père qui cultive du coton et apprend l’harmonica dès son enfance, visiblement en autodidacte. Dans les années 1930 et au début de la décennie suivante, il se produit localement dans des soirées, lors de picnics…

En 1943, il part pour Chicago, et deux ans plus tard, il parvient même à partager de temps à autre la scène avec Muddy Waters. Il rencontre également John Lee « Sonny Boy » Williamson, son premier mentor, mais aussi Sonny Boy Williamson II, qui influencera davantage son jeu d’harmonica. Probablement en 1952, il enregistre pour J.O.B. son seul et unique single sous son nom (John Lee, en fait), Rythm (sic) Rockin’ Boogie/Knockin’ On Lula Mae’s Door, sur lequel Robert Lockwood Jr. est présent à la guitare. Toujours pour J.O.B., le 17 juillet 1953, il jouerait de l’harmonica sur six chansons du chanteur-guitariste Arthur « Big Boy » Spires, mais il pourrait s’agir de P.T. Hayes. On le retrouve ensuite le 17 mars 1964 sur cinq chansons cette fois comme accompagnateur d’Honeyboy Edwards, mais qui seront éditées par Testament en 1997, deux ans après sa mort. Après trois morceaux restés inédits le 30 décembre 1965, il apparaît trois semaines plus tard (le 20 décembre) sur deux faces, à l’harmonica cette fois pour Ted Bogan et Johnny Young. Enfin, le 9 janvier 1966, Henley signe un medley sans accompagnement (Fox Chase/Snake Hippin’/Careless Love), cette fois sorti en 1998, encore par Testament. On perd ensuite la trace de John Lee Henley, qui n’a manifestement jamais cherché à vivre de sa musique, et qui nous a quittés le 12 mars 1995 à soixante-seize ans. Les trois titres sous son nom, que j’ajoute en écoute, Rythm (sic) Rockin’ Boogie, Knockin’ On Lula Mae’s Door et Fox Chase/Snake Hippin’/Careless Love, donnent de quoi nourrir des regrets…

