
Terrassé par une attaque cardiaque en plein concert à l’âge de cinquante-trois ans, mais aussi en retrait de la musique pendant une quinzaine d’années, ce formidable chanteur texan n’a pas eu le temps de se constituer une discographie conséquente, mais la qualité était bien au rendez-vous. Davis naît en fait James Louis Huston le 10 novembre 1938 à Prichard, Alabama, en banlieue nord-ouest de Mobile. Il chante d’abord du gospel dans son État natal, puis, en 1957, il croise le chemin de Guitar Slim dont il rejoint le groupe et s’oriente davantage vers le blues. Slim le surnomme « Thunderbird » lors d’une soirée très arrosée durant laquelle les deux hommes se défient en buvant de de grandes quantités de Thunderbird Wine, un vin fortifié aromatisé bon marché (20 % d’alcool). Davis finit à l’hôpital et jure qu’il ne touchera plus jamais à cette boisson ! L’année suivante, le 18 février 1958, il enregistre pour Duke son premier single (Come to the Rock and Roll/What Else Is There to Do), qui sortira toutefois trois ans plus tard.

Après la mort de Guitar Slim en 1959, Davis s’installe à Houston, Texas. Il apparaît dans les formations du chanteur Nappy Brown et du bassiste Lloyd Lambert (ce dernier fut aussi le chef d’orchestre de Guitar Slim), puis grave un deuxième single en 1962 et six nouvelles faces l’année suivante, toujours pour Duke. Le registre oscille entre R&B et blues, mais la voix de Davis est encore très marquée par le gospel, ce qui n’est pas un mal, d’ailleurs ! Si l’histoire n’a pas retenu le personnel sur les quatre premières chansons, on connaît en revanche une partie des musiciens sur les six autres : le guitariste Clarence Hollimon, les trompettistes Calvin Owens, Joe Bridgewater et James Mayes, des saxophonistes inconnus, le bassiste Lloyd Lambert et le batteur Herman Hawkins (source : article de Gérard Herzhaft sur son blog Blue eye). Après avoir quitté Duke en 1966, Davis tourne avec Joe Tex et O.V. Wright, mais durant la décennie suivante, il décide de se retirer de la scène musicale et se consacre à la religion.

On perd ainsi sa trace au point de le croire mort… Mais en 1988, Hammond Scott, un des fondateurs sept ans plus tôt du label Black Top Records, le retrouve à Houma, au sud de la Louisiane, et le convainc de reprendre sa carrière. En février et mars 1989, il entre en studio pour enregistrer ce qui deviendra son unique album, « Check Out Time », sur lequel il bénéficie d’un accompagnement royal, avec notamment ses vieux compagnons de route Clarence Hollimon et Lloyd Lambert, aux côtés d’Anson Funderburgh (g), Ron Levy (kbds), Grady Gaines et Kaz Kazanoff (sax). Davis chante magnifiquement, d’une voix soulful hyper expressive nourrie au gospel, et le disque est plébiscité. Deux mois plus tard, il chante sur l’album « Healing Feeling » de Hubert Sumlin, toujours pour Black Top, et tout laisse alors penser que James « Thunderbird » Davis va pouvoir mener une carrière à la hauteur de son talent. Hélas, le sort en décide autrement, et le 24 janvier 1992, alors qu’il préparait un nouvel album, il s’effondre et décède sur scène en plein milieu d’un concert au Blues Saloon à Saint Paul, Minnesota.

Voici maintenant dix extraits en écoute, dont une vidéo d’un concert en 1990.
– I’m Gonna Tell It on You en 1962.
– Blue Monday en 1963.
– Chains Around My Heart en 1963.
– Ain’t It Great en 1963.
– You Did Me Wrong en 1989.
– What Else Is There to Do en 1989.
– Come by here en 1989.
– Just Like I Treat You en 1989 avec Hubert Sumlin.
– Blue Shadows en 1989 avec Hubert Sumlin.
– Au festival de San Remo, Italie, en 1990.

