
Le chanteur-guitariste Dave Riley nous a quittés le 4 janvier 2026 à l’âge de soixante-seize ans. Il était inactif depuis 2020, d’abord victime de la Covid-19 puis d’un AVC. Riley nous laisse une discographie très consistante ponctuée de collaborations avec Sam Carr et Bob Corritore. Il naît le 18 mars 1949 à Hattiesburg, Mississippi, cent quarante-cinq kilomètres au sud-est de Jackson, la capitale de d’État. Ses parents, Maggie et Willy, choisissent de s’installer à Chicago, et il est élevé par ses grands-parents à Prentiss, entre Hattiesburg et Jackson. Il découvre la musique en écoutant la radio, comme il le relatait dans une interview du 23 juin 2011 pour Blues Blast Magazine : « Dans les années 1950, on recevait une seule station de radio chez nous, WLAC de Nashville. Elle passait du blues, du gospel et de la country. Il n’y avait rien d’autre. Le rock ‘n’ roll et tout le reste viendront plus tard. Donc on écoutait que ça. Dès lors, quand j’ai commencé à faire du blues, je n’ai pas eu besoin de prendre des cours, c’était en moi depuis toujours.

Riley aide aux travaux agricoles avec ses grands-parents qui possèdent des champs de coton, et apprend la guitare à neuf ans. Il finit toutefois par rejoindre ses parents à Chicago en 1961, où son père est pasteur à la Church of God in Christ. Logiquement, Riley chante du gospel et prend même part au groupe familial, The Riley Singers. Mais il s’intéresse beaucoup au blues et parvient à se produire sur Maxwell Street dès qu’il en a l’occasion, malgré un environnement familial qui préférerait qu’il persiste dans le chant à l’église. Après son diplôme de fin d’études secondaires (l’équivalent de notre baccalauréat), il part à l’armée et sert un temps au Vietnam. De retour à la vie civile, il épouse Tanja, avec laquelle il a un fils, Dave « Yahni » Riley Jr., qui deviendra bassiste de blues. À partir de 1973, justement pour élever son fils, Riley prend ses distances avec la musique.

Dave Riley travaille comme gardien de la prison de Joliet, Illinois (oui, celle-là même où fut en partie tourné le film The Blues Brothers…), lors d’une longue parenthèse qui dure jusqu’à la fin des années 1990. Puis, grâce à un cousin originaire d’Helena, Arkansas, il rencontre Frank Frost et Sam Carr, auprès desquels il renoue avec la musique, en se produisant activement dans la région. Avec Carr à la batterie et le chanteur-harmoniciste John Weston, Riley forme The Delta Jukes qui sortent en 2001 chez Black Magic l’album « Working for the Blues », enregistré l’année précédente à Helena. Ils jouent un blues électrique très ancré dans le Delta, et Riley se révèle avec sa voix voilée et sa guitare tendue. Toujours en 2001, cette fois pour Fedora, Riley signe un album sous son nom, « Whiskey, Money & Women », avec à nouveau Sam Carr et John Weston, mais aussi son fils à la basse.

En 2007, Dave Riley entame une longue et fructueuse collaboration avec l’harmoniciste Bob Corritore qui se traduit par trois albums d’excellente facture : « Travelin’ the Dirt Road » (Blue Witch, 2007), « Lucky to Be Living » (Blue Witch, 2009) et « Hush Your Fuss! » (SWMAF/VizzTone, 2013). Il apparaît aussi en 2016 sur « House Party at Big Jon’s » (Delta Groove Music) de Big Jon Atkinson et Bob Corritore, avec comme autres invités Willie Buck, Alabama Mike et Tomcat Courtney. Riley a également collaboré avec le bluesman suisse d’origine cambodgienne Bonny B. Enfin, en 2018, avec le guitariste José Luis Pardo installé en Espagne mais natif d’Argentine, il partage « Here I Am » (Blues R Us). Des problèmes de santé empêcheront ensuite Dave Riley de poursuivre sa carrière. Mais n’oublions surtout pas ce bluesman attachant et talentueux, qui sut proposer un blues moderne personnel, sans jamais trahir ses racines sudistes.

Voici maintenant six chansons en écoute.
– I’m Overdue en 2001 avec The Delta Jukes.
– Down South en 2001 avec Sam Carr.
– Voodoo Woman, Voodoo Man en 2007 avec Bob Corritore.
– The Things You Do en 2009 avec Bob Corritore.
– Mississippi Po Boy en 2013 avec Bob Corritore.
– My Baby’s Gone en 2013 avec Bob Corritore.

