Ça s’est passé un 29 août : l’ouragan Katrina frappe La Nouvelle-Orléans

Quartier inondé à l’est du centre-ville de La Nouvelle-Orléans, août 2005. © : Smiley N. Pool / The Dallas Morning News /AP.

Il y a vingt ans jour pour jour, le 29 août 2025, l’ouragan Katrina atteignait La Nouvelle-Orléans, où il causait d’énormes dégâts et la mort d’environ 1 400 personnes, un bilan humain qui varie toutefois selon les sources. Quoi qu’il en soit, une dépression s’est formée le 23 août au sud-est des Bahamas, pour devenir le lendemain matin la tempête tropicale Katrina. Le 25 août, Katrina touche la Floride et devient un ouragan de catégorie 1, qui se renforce rapidement en retrouvant les eaux chaudes du golfe du Mexique, catégorie 3 puis 5 le 28 août, avec des vents soufflant à 280 km/h. Avec une pression qui tombe à 902 hPa, c’est alors l’ouragan le plus puissant jamais enregistré dans le golfe du Mexique. Quand il frappe la Louisiane en fin de matinée le 29 août, il a été rétrogradé en catégorie 3, avec des vents qui soufflent encore à 200 km/h, quand même…

Fats Domino secouru en soirée du 29 août 2025, La Nouvelle-Orléans. © : The Denver Post.

La catastrophe qui attend La Nouvelle-Orléans n’est pas seulement due aux forts vents et aux pluies diluviennes qui l’accompagnent. S’y ajoutent en effet les risques de montée de eaux, de la mer dans le golfe du Mexique, du fleuve Mississippi et même du lac Pontchartrain, sachant que la ville est en partie construite sous le niveau de la mer. Et de fait, on sait aujourd’hui que ce sont bien les multiples brèches dans le système de digues censées protéger la Crescent City qui explique l’ampleur des dégâts (plus de 80 % de la ville sous les eaux) et l’effroyable bilan humain. Après les ordres d’évacuation, entre 100 000 et 150 000 personnes seraient restées dans la ville qui comptait 455 000 habitants en juillet 2005. Et vingt ans plus tard, la population de La Nouvelle-Orléans (360 000 habitants selon les estimations), reste très inférieure à ce qu’elle était avant Katrina.

Une mère et ses enfants secourus dans le Lower Ninth Ward, La Nouvelle-Orléans, août 2005. © : Mario Tama / Getty Images.

Outre les décès, des dizaines de milliers de personnes ont donc été déplacées après avoir tout perdu, parmi lesquelles de nombreux artistes dans une ville connue pour sa richesse musicale. Nul n’a oublié les images de Fats Domino, un temps porté disparu avant d’être finalement secouru… Vingt ans après la tragédie, je vous propose une sélection de vingt chansons par des interprètes néo-orléanais, victimes directes ou indirectes de Katrina, qui ont certes survécu mais ont dû s’installer ailleurs et/ou tout reconstruire.
Ain’t that a shame en 1955 par Fats Domino.
Shelter in the rain en 2006 par Irma Thomas.
Junk man en 1966 par Dave Bartholomew.
Dance with me en 2022 par Shamar Allen.
Warm daddy en 1960 par Eddie Bo.

Le vent arrache le toit du restaurant Backyard Barbeque à Kenner (ville natale du chanteur-pianiste Henry Gray), au moment où Katrina touche la Louisiane, le 29 août 2005. © : Irwin Thompson / The Dallas Morning News / AP.


St. James infirmary en 2012 par Trombone Shorty.
Love will tear us apart en 2018 par The Hot 8 Brass Band.
The entertainer en 2009 par Henry Butler.
Drop me off in New Orleans en 2012 par Kermit Ruffins.
The tropic of cool en 2009 par Donald Harrison, Jr.
Someone to watch over me en 2013 par John Boutté.
Drift away en 1987 par The Neville Brothers.
Levees en 2009 par Terence Blanchard.
Southern nights en 2020 par Allen Toussaint.
Leftover blues en 1996 par Clarence « Gatemouth » Brown. Le bluesman était hospitalisé à La Nouvelle-Orléans pour un cancer du poumon, mais à cause de Katrina il a dû être transféré dans un autre hôpital.
Tailgate ramble en 2010 par le Preservation Hall Jazz Band.
Hotter than that en 2022 par Wynton Marsalis.
Feel like funkin’ it up en 2021 par Rebirth Brass Band.
Chapel of love en en 2014 par The Dixie Cups.
Eh la bas en 2019 par Don Vappie.

Vue satellitaire de Katrina sur le golfe du Mexique le 28 août 2005 à 13 heures, au moment où il est passé en catégorie 5. © : Jeff Schmaltz, MODIS Rapid Response Team, NASA / GSFC.